septembre 2011
Archive mensuelle
Archive mensuelle
Créé par cabranledanslemanche le 30 sept 2011 | Dans : Traditions connes et cruelles
Les viandards, ils veulent absolument convaincre un public qui leur est hostile qu’ils jouent un rôle non négligeable dans la protection de la biodiversité. Ils ne sont pas bons qu’à ramasser des bouteilles de bière et des sachets de chips qui traînent dans les fossés. Non, ils savent gérer les populations de la faune sauvage avec doigté et mesure.
Certes, il leur arrive de ‘prélever’, comme ils disent pudiquement, des chats, des chiens, des chevaux, des vaches, des promeneurs, mais c’est toujours le fait de l’invraisemblable enchaînement de circonstances malheureuses.
Regarde ces deux chasseurs : le 25 septembre dernier, ils ont froidement flingué un patou du côté de Valloire (Savoie), à l’alpage de poingt-Ravier. Un patou, c’est un toutou, un chien de berger, qu’on connaît plus généralement sous le nom de montagne des Pyrénées. C’est ce gros chien blanc qui protège les troupeaux de moutons.
Pourquoi ils l’ont buté ? D’après eux, il se serait montré agressif.
L’éleveur est persuadé que c’est du pipeau. Il affirme que ce chien n’a jamais posé de problème. D’ailleurs, cette race de chien est connue pour son côté débonnaire et placide. Le montagne des Pyrénées est doux avec les enfants.
Mais c’est un chien très protecteur, qui veille avec ardeur sur le troupeau. S’il sent que l’intrus est menaçant, il n’hésitera pas à montrer les crocs. Le patou est le chien idéal pour préserver les moutons des attaques du loup et de l’ours par exemple !
Tu vois où je veux en venir, n’est-ce pas ? Ne me dis pas que les chasseurs, qui savent pertinemment que ce bon gros chien blanc est au taquet quand on s’approche trop près du troupeau, se seraient quand même permis de le provoquer ? Non, c’est impossible.
Au fait, le propriétaire du patou a porté plainte à la gendarmerie. Ce sera parole contre parole. Le chien étant mort, il faudrait que les moutons témoignent. Mais les deux viandards demeurent confiants.
Créé par cabranledanslemanche le 29 sept 2011 | Dans : Traditions connes et cruelles
Le 25 septembre dernier, c’était l’ouverture de la chasse dans la moitié nord de la France. Cela fait des mois qu’elle attend ce moment, la canaille des taillis. Des semaines interminables à se morfondre et à contenir cette pulsion. Ce besoin de tuer… Cette envie de flinguer qui mord la viande et détraque les humeurs. Imagine un alcoolique sevré sous la contrainte qui attendrait de pouvoir toucher à un verre. Toute proportion gardée, la pulsion de mort travaille pareillement et mets les viandards dans des états pas possible en attendant de passer à l’acte.
Bruille-Saint-Amand, c’est dans le Nord, en pays du Hainaut.
Le jour de l’ouverture donc, ce chasseur (54 ans ) a insisté pour ratisser des terres appartenant à un propriétaire qui ne l’entendait pas ainsi. Refus. Pas question de chasser ici.
Le viandard ne s’est pas démonté. Il a épaulé et tiré sur le propriétaire du terrain, le blessant légèrement, c’est heureux, à la tête.
Le tueur du dimanche a été interpellé et placé en garde à vue.
Créé par cabranledanslemanche le 28 sept 2011 | Dans : Traditions connes et cruelles
De septembre à mars, les pompiers et les gendarmes sont bien occupés le dimanche; pas le temps de mater la téloche ou de faire la sieste après le déjeuner. Car en plus des interventions habituelles, ils doivent se coltiner les accidents de chasse.
Et ce n’est pas ce qui manque, les merditudes de la chasse… En plus, il faut aller dans des coins reculés, escarpés, glissants, avec l’hélico si besoin… Par des temps impossibles… C’est bien simple, ce loisir doit commencer à les gonfler sérieusement. Foot, vélo, aviron, tennis, équitation, judo, marche sportive, rugby, aucune de ces distractions ne les sollicite autant que la chasse.
Un exemple parmi tant d’autres ? Dimanche 25 septembre après-midi, du côté de Chavannes-sur-Reyssouze, dans l’Ain, trou perdu même pas repéré par Wikipédia, les pompiers ont dû conduire un chasseur de 51 ans à l’hosto car il avait reçu du plomb dans le genou. C’est son cousin, très prévenant, qui avait distribué le potage.
Les deux viandards traquaient le lièvre qui lui, à l’inverse, a connu un début de soirée dominicale plutôt peinard.
Créé par cabranledanslemanche le 27 sept 2011 | Dans : Traditions connes et cruelles
Saint-Projet-de-Salers, c’est dans le Cantal, pays natal de l’ex-chanteur homicidaire du groupe Noir Désir et il s’en passe des choses plaisantes pour le petit peuple de la forêt.
Tiens…Pas plus tard que dimanche 25 septembre, par exemple.
Sans devoir trop s’avancer, on peut dire que la présente saison de chasse qui débute, elle est rapée pour lui.
Des doigts manquants, c’est pas facile à récupérer et à ce jour, on n’a pas calqué sur l’être humain le bouturage d’extrémités de membres inférieurs ou supérieurs.
Saison à peine commencée, saison déjà carbonisée.
Un coup de feu malencontreux lui a enlevé plusieurs francforts et il s’est fadé une chute par dessus le marché.
Va retrouver les bouts manquants après ça, toi ! Les types du CHU de Clermont-Ferrand, ils ne sont pas payés pour jouer au puzzle sans pièces.
Que va-t-il pouvoir faire, à 59 ans, de ses moments de loisir dorénavant ? Jouer de la flûte ? Impossible. La belote ? Pourquoi pas ? En plus, c’est moins dangereux.
Créé par cabranledanslemanche le 26 sept 2011 | Dans : Humeur
Les papillons
De toutes les belles choses
Qui vous manquent en hiver,
Qu’aimez-vous mieux? – Moi, les roses;
- Moi, l’aspect d’un beau pré vert;
- Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons;
- Moi, le rossignol qui chante;
- Et moi, les beaux papillons.
Le papillon, fleur sans tige
Qui voltige,
Que l’on cueille en un réseau;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l’oiseau.
Gérard de Nerval
Créé par cabranledanslemanche le 25 sept 2011 | Dans : Animal on est mal
Communiqué de l’ASPAS du jeudi 22 septembre
Dimanche dernier, dans le Parc National du Mercantour, le collier émetteur dont une louve avait été équipée, a été retrouvé sectionné manuellement. Mardi, un deuxième loup succombait à un tir de prélèvement autorisé par l’État dans le Haut-Verdon (04). Hier, le cadavre d’un troisième animal était découvert dans la Gordolasque (06). Incapable d’endiguer le braconnage, le Ministère de l’Écologie continue néanmoins à délivrer des autorisations de tirs de cette espèce protégée. Nos dirigeants ont-ils décidé d’éliminer les plus beaux représentants de notre biodiversité ?
Tranché au couteau et jeté dans une rivière, le collier détérioré ne peut laisser présager qu’une sombre issue à sa porteuse, dont toute trace a été perdue. Il s’agit du troisième loup équipé de la sorte dans le cadre d’un suivi scientifique mené dans le Parc National du Mercantour et… de la troisième disparition mystérieuse.
Mardi, un nouveau canidé venait alourdir le tableau de chasse du ministère dit de l’Écologie, après une autorisation de tir délivrée dans le Haut-Verdon (04). Suite à un recours déposé par l’ASPAS, l’audience prévue pour étudier la légalité du tir devait avoir lieu le 29 septembre ! À ce jour, l’État a ordonné plus de 70 autorisations de tirs de canidés sauvages dans le cadre du protocole loup, qui permet à la France d’en abattre « officiellement» six. Trois loups ont ainsi été abattus et un autre blessé dans le Doubs. Un tir d’effarouchement a même été autorisé dans les Vosges, secteur où le prédateur vient à peine de poser les pattes.
Mercredi soir, le cadavre d’un autre individu est retrouvé dans ce même département, probablement victime d’un acte malveillant. Le braconnage de nos loups se multiplie aux quatre coins de la France. Déjà, en janvier 2008 le cadavre d’un animal décapité était retrouvé à Presle, en Savoie. En 2009, deux loups étaient abattus impunément par des chasseurs, en Haute-Savoie et dans les Hautes-Alpes. À ces cas avérés et connus s’ajoutent les cas suspectés ou inconnus, bien plus nombreux. Selon une expertise scientifique s’appuyant sur la comparaison des taux de croissance des populations et des effectifs réels, une centaine de loups (au minimum) auraient été braconnés en une dizaine d’années ! (Source : FERUS)
Au moins cinq loups seraient donc morts cette saison, un sixième blessé. Or, selon l’article 2 de l’arrêté interministériel organisant les destructions de loups, les individus braconnés doivent être comptés dans le « quota » de six loups à abattre. L’ASPAS demande donc que soit immédiatement ordonné un moratoire des tirs de loups, car plus de 50 opérations de tirs sont toujours en cours.
Créé par cabranledanslemanche le 24 sept 2011 | Dans : Traditions connes et cruelles
A ce niveau de maladresse, il n’y a plus rien à faire. C’est tout simplement énorme.
On peut penser que leur amitié va survivre à cette déconnade mais ce n’est pas gagné. Car le sort y est pour que dalle. Pas de caillou, de sanglier à la peau dure, pas de ricochet …Tout est entièrement de la faute du copain de chasse.
Je t’explique.
On est à Onnion, en Haute-Savoie, pas très loin de Morzine (poil à la berline).
En ce début de matinée, jeudi 22 septembre, l’air froid de l’automne était déjà au rendez-vous au lieu-dit Bois-joli. Le ciel déclinait toutes les nuances des gris mouillés.
Deux compères s’apprêtaient à exterminer de la bestiole.
Un coup de feu éclata. Mais il ne fallait pas qu’il éclata.
Et pourquoi il éclata, dis donc ? Parce qu’un des types a merdé grave en refermant son arme après l’avoir chargée.
Il a alors arrosé le genou de son pote, non pas avec des petits plombs à la con, mais bien avec une bonne balle Brenneke des familles, du gros calibre qui pique les yeux quand ça passe.
Crois-moi, ça arrête net une guibole.
Créé par cabranledanslemanche le 23 sept 2011 | Dans : Traditions connes et cruelles
Curieuse façon de vérifier les enseignements hermétiques d’Hermès Trismégiste, le trois fois très grand, auteur de la Table d’Emeraude, recueil magique secret.
«Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».
Sous la lettre se cache l’esprit; sous l’allégorie se cachent non une vérité mais des vérités (au jasmin).
Ce qui est en haut, c’est une palombière accrochée à la cîme d’un narbe et ce qui est en bas, c’est un paloumayre.
C’est différent tout en étant presque pareil. Tous les deux sont certes inertes mais l’un comme l’autre le sont pour des raisons différentes.
La première est faite de bois, de bric et de broc. C’est une chose. Le second, un quart d’heure avant sa mort, il était toujours en vie. C’était un homme, il n’est plus.
Car tombé de là-haut en effectuant des travaux d’élagage. Une chute de 7 mètres, faut se la respirer. Lui, il n’a pas pu.
C’était du côté de Bazet (Hautes-Pyrénées), dans le bois de Talazac précisément, mardi 20 septembre.
Créé par cabranledanslemanche le 22 sept 2011 | Dans : Animal on est mal
Première certitude à abandonner : les animaux ne sont pas des machines. J’insiste beaucoup là-dessus : le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires.
Nous avons peut-être une âme, mais le fait d’habiter le monde du sens et des mots ne nous empêche pas d’habiter le monde des sens. Il faut habiter les deux si l’on veut être un être humain à part entière. Il n’y a pas l’âme d’un côté et de l’autre la machine. C’est là tout le problème de la coupure. Il y a aussi la représentation qu’on se fait de l’animal et qui lui donne un statut particulier, et cela explique un grand nombre de nos comportements.
Boris Cyrulnik
Créé par cabranledanslemanche le 21 sept 2011 | Dans : Traditions connes et cruelles
Que tu sois un familier de la nature et que ton lieu de prédilection soit la forêt ou que tu fasses de la randonnée sur le GR 65 par exemple, abandonne tout espoir de fréquenter ces lieux à partir de mi-septembre.
Ou alors, il conviendrait d’ajouter un nouveau code de balisage sur les sentiers : « Danger chasseurs ».
Car tu entres en territoire ennemi. La chasse, c’est la guerre en temps de paix. La vermine des bosquets occupe la nature avec du matos bien plus dangereux que des jumelles ou un appareil photo.
Les viandards n’en ont rien à cirer que tu promènes dans des bois de feuillus pour ramasser des pézizes ou des bolets. Ils s’en tapent que l’araignée qui raccourcit beaucoup sa toile annonce ainsi un temps incertain. Ils sont dehors pour tuer des bestioles et suivre la seule consigne qui vaille : ça bouge, on tire.
Samedi 10 septembre, sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle à travers la Lozère, deux promeneuses ont été flinguées par un chasseur qui traquait de la caille.
L’une a reçu 8 plombs dans le corps, l’autre 3. Une façon pour les chasseurs de signifier aux amoureux de la nature que soit tu l’aimes mais tu restes chez toi, soit tu t’enfermes vite dans un gîte d’étape et tu n’en ressors qu’au printemps prochain.